Casablanco, l’emploi brique par brique

Casablanco n’est pas une entreprise du bâtiment comme les autres. Dans cette famille aux 26 nationalités différentes, les ouvriers acquièrent une réelle expérience professionnelle sur de nombreux chantiers. Par la même occasion, ils deviennent acteurs de changements sociaux en rénovant les quartiers défavorisés de Bruxelles. Qu’ils soient issus de l’immigration ou exclus du marché de l’emploi, les gars de Casablanco ont la niaque, malgré des parcours personnels plutôt singuliers…

Smajl

Smajl, 45 ans, est un des instructeurs de Casablanco. De son Kosovo d’origine, il a ramené un récit qui force le respect et l’admiration des autres travailleurs. Lorsque la guerre a éclaté en 98, il a fui le pays avec sa femme, leur nouveau-né, sa belle-sœur et ses enfants. Ils ont rejoint l’Albanie à pied par les montagnes puis l’Italie en Zodiac comme tous les clandestins. A son arrivée en Belgique, un autre combat l’attendait : l’obtention de papiers. Malgré l’apprentissage de la langue via le tissu associatif et la naissance de deux enfants en Belgique, Smajl n’a reçu les précieux documents qu’en juillet 2006. L’année suivante, il intégrait Casablanco.

Momo

Instructeur depuis 2003, Mohamed « Momo » a 24 ans d’expérience dans le bâtiment. Avec beaucoup d’entrain, il résume bien la philosophie de Casablanco : accompagner des personnes en leur apprenant un métier et en ayant foi en l’avenir. Il est particulièrement content quand des anciens l’appellent pour lui dire qu’ils ont trouvé du travail.

Jamal

Jamal, 44 ans, a utilisé les deux portes d’entrée possibles chez Casablanco. D’abord en 2011 via contrat « article 60 » du CPAS de Molenbeek puis en 2013, avec un contrat « PTP » de Actiris. Avant d’entamer ce deuxième contrat, il a demandé de pouvoir s’absenter pour partir en Syrie, son pays d’origine. La guerre éclatait à nouveau et il voulait aller chercher ses quatre sœurs et leurs enfants. A sa grande surprise, Casablanco a accepté et ses collègues se sont cotisés pour l’aider à partir.

Vincent

Vincent n’était pas le plus sage à l’école. Il aurait aimé faire des études de steward ou de relations publiques mais a fait beaucoup de conneries. A 18 ans, il ne trouvait plus d’école qui voulait encore bien de lui et s’est inscrit au CPAS. A 20 ans, il est devenu papa et a beaucoup bossé pour s’occuper de sa famille. Puis il est séparé et son fils ne vivait plus chez lui. Ca a été la dégringolade : factures impayées, dettes, exclusion du chômage. Grâce au CPAS de Molenbeek, Vincent a pris connaissance de Casablanco et a signé un contrat. Avec sa grand-mère, « la seule a avoir toujours été là » pour lui, ils ont pleuré de joie. Aujourd’hui, il a retrouvé un cadre, une discipline, et « reprend pied dans la vie ».

Bogdan

Bogdan est arrivé seul en Belgique il y a 28 ans. Comme beaucoup de polonais à Bruxelles, il a d’abord travaillé en noir avant de recevoir des papiers. Il s’est ensuite marié et a travaillé pour un patron. En 2007, il est entré chez Casablanco et est aujourd’hui instructeur.

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